
Dans la province du Maï Ndombe, précisément à Mushie, les poissons sont bien plus qu’un aliment. Fumés, salés ou désormais épicés, ils constituent un savoir-faire transmis de génération en génération et une activité économique importante pour de nombreux ménages, particulièrement pour les femmes. Mais comment donner davantage de valeur à cette production locale? C’est tout l’enjeu d’une mission menée à Mushie, dans le cadre du projet d’appui au développement intégré de l’économie rurale, PROADER, sous tutelle du ministère du Développement Rural, et financé principalement par la Banque africaine de développement BAD. Cette mission a réuni plusieurs acteurs institutionnels, dont Mongopasi Sandja, secrétaire général au ministère du Développement Rural, et le représentant du secrétaire général au ministère du Genre Famille et Enfants, aux côtés du professeur Michel Disonama Sindo, chef de projet PROADER, des autorités locales, et de l’équipe de la société coopérative industrielle des transformations agricoles, SCITA. Pendant 7 jours, 75 participants, dont 65% de femmes, ont été accompagnés dans l’amélioration de leurs techniques de transformation et de valorisation du poisson.
Du poisson frais au produit fini, les participants ont travaillé sur plusieurs étapes, à savoir la sélection de la matière première, la préparation, l’hygiène, le salage, la conservation et le fumage au foyer amélioré. Mais la formation a également ouvert la voie à la diversification de la préparation du poisson fumé épicé, une technique qui permet de proposer un produit différent et potentiellement plus valorisé sur le marché.
Selon Mme Mijosée Ebekumu a noté le niveau élévé des interactions parmi les participants à la formation. Et cette formation, loin de gommer les habitudes antérieures des bénéficiaires outille à acquérir plus de principes innovants.
Exactement, l’objectif de la session n’était pas de remplacer les pratiques traditionnelles mais de les améliorer grâce à de nouvelles connaissances techniques. Maîtrise du fumoir, dosage des épices, respect des règles d’hygiène, contrôle de la qualité et conservation ont ainsi été au cœur des travaux pratiques. La valorisation ne s’arrête cependant pas à la transformation. Les participants ont également été formés au conditionnement, au packaging et à l’étiquetage des éléments essentiels pour donner au produit une identité et renforcer sa valeur commerciale. Au terme de la formation, 72 brevets ont été remis aux participants sous les 75 personnes ayant pris part la session, consacrant ainsi les acquis de cette formation.
Pour PROADER et ses partenaires, l’enjeu est désormais de maintenir la dynamique sous les terrains. Utiliser régulièrement les équipements mis à disposition, notamment les fumoirs améliorés, diversifier les produits et rechercher de nouveaux débouchés. Cette mission aura ainsi permis de faire dialoguer à Mushie savoir-faire traditionnel et techniques améliorées avec une ambition, transformer une pratique locale en une véritable opportunité de création de valeurs et de développement de l’économie rurale.